<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0"><channel><title>T&Atilde;&copy;moignages</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=rubrique&amp;id=presse&amp;idr=asp_liaison</link><description></description><item><title>Mon temoignage</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=1</link><pubDate>00-00-0000 </pubDate><description>hjhh</description><category></category></item><item><title>La joie de soigner</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=2</link><pubDate>16-01-2009 </pubDate><description>&lt;p&gt;Joie de soigner&lt;br /&gt;Docteur Fran&ccedil;ois Natali&lt;br /&gt;H&ocirc;pital d’Instruction des Arm&eacute;es Clermont-Tonnnerre – Brest (29)&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Est-il possible d’exprimer la joie de soigner, sans la faire ressentir comme une le&ccedil;on de morale, sans montrer de la pr&eacute;tention ou de la na&iuml;vet&eacute; ? On invoque davantage la souffrance des soignants au travail, parfois m&ecirc;me d&egrave;s lors que se manifestent une fatigue physique ou une surcharge intellectuelle. Ce sont l&agrave; des phases normales que r&eacute;solvent un temps de relaxation, un moment partag&eacute; entre famille et amis, la lecture, la musique, la vision d’un bon film. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La joie de soigner a d’abord quelque chose &agrave; voir avec celle de l’artisan qui r&eacute;alise un beau travail. C’est joie que de se rendre disponible pour observer, &eacute;couter, accueillir la plainte, choisir et interpr&eacute;ter l’examen - outil - qui sera le plus utile au diagnostic avec le moins d’inconv&eacute;nients possibles pour le patient. C’est joie que d’assister &agrave; la remise debout d’une personne que la maladie &eacute;crasait, ne serait-ce que par un traitement antalgique appropri&eacute;.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Certains fustigent la toute puissance m&eacute;dicale, l’auto-satisfaction. Sans doute n’ont-ils pas connu le d&eacute;nuement, l’impuissance devant la m&eacute;ningite d’un enfant africain qui gu&eacute;rirait avec quelques grammes d’antibiotiques, le regard suppliant du canc&eacute;reux douloureux pour lequel manque la morphine. &lt;br /&gt;La joie vient de ce que le savoir n’est pas utilis&eacute; comme un pouvoir manipulateur, mais comme un service.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La joie de soigner s’embellit des avanc&eacute;es techniques, de leur analyse selon l’apport des sciences humaines et l’h&eacute;ritage des connaissances ant&eacute;rieures.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La joie de soigner est dans un compagnonnage avec les autres soignants, avec ceux qui nous ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;s, form&eacute;s, avec ceux que nous enseignons &agrave; notre tour.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La joie est dans la rencontre de l’autre en situation pr&eacute;caire, malade ou membre de sa famille. Cette joie d&eacute;passe les obstacles qui correspondent aux difficult&eacute;s qui peuvent se pr&eacute;senter dans tout rapport au public. Elles ressortent le plus souvent d’une peur r&eacute;ciproque ou de moyens de d&eacute;fense psychiques qui peuvent donc &ecirc;tre compris et apais&eacute;s.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;C’est une joie de trouver les mots qui ne d&eacute;truisent pas, mais qui aident &agrave; ce que l’autre soit.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Un ennemi int&eacute;rieur est cependant plus sournois pour le m&eacute;decin. C’est le d&eacute;sarroi qui l’envahit lorsqu’il est le premier &agrave; percevoir l’incurabilit&eacute; d’une maladie grave. L’imagerie moderne est ainsi une forme d’autopsie avant la mort. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Durant plusieurs ann&eacute;es, dans la r&eacute;gion parisienne, je suis all&eacute; &agrave; l’h&ocirc;pital &agrave; v&eacute;lo ou &agrave; pied. Les quelques kilom&egrave;tres ainsi parcourus absorbaient mes pr&eacute;occupations. L’exp&eacute;rience d’habiter sur place, si elle est commode pour r&eacute;pondre aux appels d’urgence, montre combien peut manquer cette r&eacute;cr&eacute;ation a&eacute;r&eacute;e. Le cœur reste lourd, comme si des lambeaux de souffrance des malades s’accrochaient &agrave; l’esprit. C’est une joie que de surmonter cette tentation du d&eacute;sarroi, de se garder de d&eacute;verser une eau am&egrave;re ou au contraire sirupeuse. Car le m&eacute;decin est source ou ressource, praticien qui a du m&eacute;tier, donne des conseils, au moins soulage s’il ne gu&eacute;rit pas.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La joie de soigner a quelque chose &agrave; voir avec l’enthousiasme, &lt;br /&gt;la fid&eacute;lit&eacute; aux malades et leurs proches &lt;br /&gt;en toutes circonstances.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</description><category>T&eacute;moignages de m&eacute;decins</category></item><item><title>Acccompagnant b&eacute;n&eacute;vole &agrave; domicile</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=3</link><pubDate>05-02-2009 </pubDate><description>&lt;h2 align=&quot;center&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conjoints survivants, mieux que quiconque, savent ce que peut &ecirc;tre un deuil : deuil au d&eacute;cours d’un accident brutal, &lt;br /&gt;ou deuil succ&eacute;dant &agrave; une longue et douloureuse maladie. &lt;/h2&gt;
  &lt;p&gt;Mais avant, quelle a &eacute;t&eacute; leur exp&eacute;rience ? En particulier quand ils se sont trouv&eacute;s face &agrave; un conjoint, confront&eacute; &agrave; une mort annonc&eacute;e, ne r&eacute;pondant plus &agrave; une th&eacute;rapeutique anticanc&eacute;reuse, ou atteint d’une maladie neurologique irr&eacute;versible… &lt;strong&gt;Beaucoup ont &eacute;t&eacute;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;bien entour&eacute;s&lt;/strong&gt; par des parents, des amis, des voisins, des aum&ocirc;niers…, ont eu affaire &agrave; des soignants d&eacute;vou&eacute;s, attentifs &agrave; soulager la souffrance de leur malade, et leur deuil estomp&eacute;, ils aimeraient aider d’autres familles qui sont plong&eacute;es dans la douleur et le d&eacute;sarroi qu’eux-m&ecirc;mes ont connus.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D’autres ont fait l’exp&eacute;rience inverse&lt;/strong&gt;, se sont trouv&eacute;s isol&eacute;s, &eacute;puis&eacute;s, sans une pr&eacute;sence discr&egrave;te et &eacute;coutante,&amp;nbsp; qui leur aurait permis de tenir dans un accompagnement difficile, et le temps passant, ils voudraient contribuer &agrave; ce que les choses changent.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Telles sont aussi,&amp;nbsp; pour beaucoup, les motivations qui les poussent &agrave; devenir candidats au b&eacute;n&eacute;volat en soins palliatifs au sein d’associations, telle que l'&lt;strong&gt;asp&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
  &lt;h2 align=&quot;center&quot;&gt;&lt;br /&gt;ET SI J'ETAIS BENEVOLE.. !&lt;/h2&gt;
  &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;br /&gt;C'est une question que je me suis pos&eacute;e le jour o&ugrave; j'ai cess&eacute; mon activit&eacute;.&lt;br /&gt;A une p&eacute;riode scolaire particuli&egrave;rement courte, conclue &agrave; un niveau&amp;nbsp; approximatif de BAC moins 5…, devait succ&eacute;der une vie professionnelle dans le monde du spectacle qui a dur&eacute; plus de quarante cinq ans et puis… arriva le moment de la retraite. Alors ?&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Je me suis toujours beaucoup int&eacute;ress&eacute; aux autres et je suis tr&egrave;s curieux de tout ; alors, il m'a sembl&eacute; que, n'ayant plus le souci de travailler pour gagner ma vie, &lt;strong&gt;le d&eacute;sir de faire du b&eacute;n&eacute;volat s'imposait &agrave; moi. Encore fallait-il savoir o&ugrave; ? Et comment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Le hasard fait bien les choses. Durant l'&eacute;t&eacute; 1998, la lecture dans le Figaro-Madame d'un reportage sur les soins palliatifs &agrave; l'h&ocirc;pital fut pour moi le r&eacute;v&eacute;lateur dont j'avais besoin &agrave; ce moment l&agrave;.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Suivant les conseils et indications qui m'&eacute;taient donn&eacute;s, je t&eacute;l&eacute;phonais &agrave; l'&lt;strong&gt;asp&lt;/strong&gt;. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Alors, commen&ccedil;a le processus qui devait m'amener au b&eacute;n&eacute;volat en soins palliatifs au domicile.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Apr&egrave;s avoir franchi les &eacute;tapes (s&eacute;lection, formation), j'int&egrave;gre l'&eacute;quipe &lt;strong&gt;d'asp pr&eacute;sence &agrave; domicile.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Les malades ? De toutes confessions et de tous milieux. Quant &agrave; l'&acirc;ge ? Mes deux extr&ecirc;mes : de 5 ans &agrave; 85 ans.&lt;/p&gt;
  &lt;h2 align=&quot;center&quot;&gt;De quoi s'agit-il exactement ? &lt;/h2&gt;
  &lt;p&gt;D'aller les voir chez eux, dans leur intimit&eacute;, la demande venant d'eux-m&ecirc;mes, de leur famille ou de leur m&eacute;decin, et d'&ecirc;tre pendant quelques heures &agrave; leur &eacute;coute. Le reste de la famille (se r&eacute;sumant bien souvent au conjoint) peut enfin souffler un peu, sortir, ou se distraire, pourquoi pas ?&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;&Ccedil;a nous donne m&ecirc;me l'impression d'&ecirc;tre utile. Mais, attention : le b&eacute;n&eacute;vole n'est pas un professionnel. Je m'explique : il n'est ni m&eacute;decin, ni infirmier, ni psychologue, ni personnel hospitalier , ni m&ecirc;me&amp;nbsp;l&agrave; pour faire le m&eacute;nage ou &eacute;ventuellement des courses.&lt;/p&gt;
  &lt;h2 align=&quot;center&quot;&gt;Il est l&agrave;. C'est tout. Dans certains cas, c'est beaucoup.&lt;/h2&gt;
  &lt;p&gt;Pour &ecirc;tre plus performant, plusieurs stages de formation sont propos&eacute;s au cours de l'ann&eacute;e : la &laquo; communication non verbale &raquo;, &laquo; le deuil &raquo;, &laquo; le toucher &raquo; et &laquo; &lt;strong&gt;l'&eacute;coute&lt;/strong&gt; &raquo;, &lt;strong&gt;qualit&eacute; essentielle du b&eacute;n&eacute;vole, qui comme la plupart des gens, sait mieux entendre qu’&laquo;&eacute;couter&raquo;.&lt;br /&gt;Alors, il apprend.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Il m'est arriv&eacute; d'accompagner un malade qui dormait &agrave; c&ocirc;t&eacute; de moi. Tout simplement parce qu'il se &laquo;sentait bien&raquo;.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Je me souviens d'une dame que je devais voir pendant plus d'un an. Quoiqu'&agrave; un stade avanc&eacute; de sa maladie, elle refusait cat&eacute;goriquement de s'apitoyer sur son sort. Nous sortions faire le tour du quartier, allions rituellement boire un th&eacute; et elle me contait avec bonheur les souvenirs d'une vie bien remplie avec des d&eacute;tails que ses proches ne devaient pas conna&icirc;tre &agrave; mon avis. Le tout ponctu&eacute; le plus souvent d'&eacute;clats de rire. C'est aussi &ccedil;a la vie.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il va sans dire que &lt;strong&gt;la&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;confidentialit&eacute;&lt;/strong&gt; la plus &eacute;l&eacute;mentaire &lt;strong&gt;est demand&eacute;e&lt;/strong&gt; d&egrave;s notre formation et qu'il faut en tenir compte m&ecirc;me quand nous parlons du malade avec notre bin&ocirc;me (il y a toujours deux b&eacute;n&eacute;voles pour un patient, en alternance, ce qui permet une continuit&eacute; dans l'accompagnement en cas d'emp&ecirc;chement et peut &eacute;viter un attachement toujours possible), et puis certains cas difficiles ne doivent pas &ecirc;tre support&eacute;s par une seule personne. &lt;strong&gt;Le travail en &eacute;quipe est de rigueur&lt;/strong&gt;, alors on s'appuie sur le groupe de parole, avec un psychologue toutes les&amp;nbsp;3 semaines. Nous abordons des situations parfois complexes et nous essayons de trouver la ou les solutions pour en venir &agrave; bout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le b&eacute;n&eacute;vole esp&egrave;re apporter quelque chose aux personnes qu'il visite&lt;/font&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;Il est certain que tous ces malades et leurs familles, par leur attention, leur t&eacute;moignage de confiance et de reconnaissance, contribuent en retour &agrave; son enrichissement personnel.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Si ma sant&eacute; me le permet, j'aimerais continuer encore le plus longtemps possible &agrave; accompagner des patients en fin de vie. Je pense que s'il n'est pas souhaitable en g&eacute;n&eacute;ral d'exercer ce b&eacute;n&eacute;volat trop jeune, une certaine exp&eacute;rience de la vie &eacute;tant n&eacute;cessaire, il ne faut pas consid&eacute;rer cette fonction comme &eacute;tant r&eacute;serv&eacute;e aux retrait&eacute;s ; la v&eacute;rit&eacute; se situe au milieu, je pense. &lt;br /&gt;De toutes mani&egrave;res, j'aimerais que cet expos&eacute; &amp;quot; convertisse&amp;quot; le plus grand nombre &agrave; cette action qui, je vous l'assure apporte plus qu'elle ne co&ucirc;te.&lt;/p&gt;
  &lt;h2 align=&quot;center&quot;&gt;Alors,&amp;nbsp;sans se prendre au s&eacute;rieux, ce qui n'exclut pas de faire les choses s&eacute;rieusement, &lt;br /&gt;si vous avez eu la curiosit&eacute; de lire cet article jusqu'au bout, &lt;br /&gt;pourquoi ne vous diriez-vous pas comme il est dit, en t&ecirc;te de ce chapitre :&lt;/h2&gt;
  &lt;h2 align=&quot;center&quot;&gt;ET SI J'ETAIS BENEVOLE.&lt;br /&gt;A bient&ocirc;t, j'esp&egrave;re.&amp;nbsp; &lt;/h2&gt;
  &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><category>T&eacute;moignages de b&eacute;n&eacute;voles</category></item><item><title>Michel, Paul : portraits crois&eacute;s</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=4</link><pubDate>26-02-2009 </pubDate><description>&lt;p&gt;Un 26 d&eacute;cembre, l’h&ocirc;pital s’&eacute;tant en partie vid&eacute; pour les f&ecirc;tes, j’avais fait rapidement le tour du peu de malades restants et suivis par l’&eacute;quipe mobile de soins palliatifs. Un interne me sugg&eacute;ra d’aller rendre visite &agrave; Monsieur P., tr&egrave;s isol&eacute;, et qui aimait bien parler.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Je d&eacute;couvris un monsieur tr&egrave;s maigre, au visage &eacute;maci&eacute;, &agrave; la peau rid&eacute;e, &agrave; l’œil p&eacute;tillant, avec des cheveux gris retenus par un &eacute;lastique, des chicots et des ongles noirs.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Il m’accueillit fort aimablement, faisant d’embl&eacute;e un parall&egrave;le avec feu sa vieille m&egrave;re qui avait &eacute;t&eacute;, semble-t-il, accompagn&eacute;e par des b&eacute;n&eacute;voles. &lt;br /&gt;L’interminable et surr&eacute;aliste conversation qui s’ensuivit fut &eacute;maill&eacute;e de citations litt&eacute;raires, de bons mots, ponctu&eacute;e de petits rires pointus, avec une surabondance d’accents circonflexes dans l’intonation, dignes d’un salon de th&eacute; de l’Ouest parisien…&lt;br /&gt;Ce monsieur, aussi fascinant qu’inclassable, me montra aussi ses &laquo; tr&eacute;sors &raquo; comme, par exemple, des petites loupes de lecture repliables, et un coupe ongle original, &agrave; l’&eacute;tat de neuf, qu’il conservait dans une vieille boite &agrave; cigarettes en m&eacute;tal.&lt;br /&gt;&laquo; Ma ch&egrave;re B&eacute;atrice &raquo;&amp;nbsp; conclut-il&amp;nbsp; joli cœur, &laquo; dor&eacute;navant appelez-moi donc Michel, ce sera beaucoup plus sympathique. Vous aurez aussi l’amabilit&eacute; de reconna&icirc;tre que je ne fais pas mes 70 ans ! &raquo;.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;En visitant un timide plombier atteint d’un cancer de la langue, qui s’exprime comme il peut, et un peu fort, je fais la connaissance de Paul, son voisin col&eacute;reux qui se plaint assez violemment d’avoir &eacute;t&eacute; r&eacute;veill&eacute; durant sa sieste.&lt;br /&gt;Il s’agit d’un homme sans &acirc;ge et sans dents, au visage burin&eacute;, au torse nu enti&egrave;rement tatou&eacute;. Dans notre cahier de liaison, &agrave; ma grande confusion r&eacute;trospective, je l’ai qualifi&eacute; ce jour-l&agrave; de &laquo; clochard de la pire esp&egrave;ce &raquo;. &lt;br /&gt;C’est pour cette raison que lorsque V&eacute;ronique, l’infirmi&egrave;re de l’&eacute;quipe mobile, me sugg&egrave;re de lui rendre visite la semaine suivante, je suis dubitative. &laquo; Tu verras &raquo; me dit-t-elle, &laquo; il est sympa &raquo;. Et c’est vrai. Il s’agit d’un homme bougon mais assez accueillant. Impossible de comprendre tout ce qu’il dit. Mais je suis invit&eacute;e &agrave; revenir le voir.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Le&amp;nbsp; point commun de ces deux malades : c’est la rue. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Michel, outre un ulc&egrave;re, a un pied enti&egrave;rement gel&eacute; pour avoir dormi dehors par moins 6&deg; ; &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Paul, quant &agrave; lui, souffre d’un tr&egrave;s violent mal de dos dont on cherche l’origine. Dans les deux cas, nos visites se succ&eacute;deront pendant de nombreuses semaines.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Michel multiplie les conversations sur un ton mondain. Il est intarissable. Il me parle d’une grande compagnie d’assurance qu’il aurait fond&eacute;e. A d’autres, il a &eacute;voqu&eacute; sa carri&egrave;re d’avocat et exhib&eacute; d’anciens dossiers. Un soignant, lui, aura compris qu’il &eacute;tait autrefois ing&eacute;nieur en travaux publics expatri&eacute;… Impossible de se faire une id&eacute;e sur ce qu’il est vraiment. Mais finalement, quelle importance ?&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Paul, &laquo; braillard &raquo; inv&eacute;t&eacute;r&eacute;, m’attend toujours dans le couloir. Il me raconte ses &laquo; bitures &raquo;, ses quinze ann&eacute;es de Centrale durant lesquelles il a connu les derniers condamn&eacute;s &agrave; mort. Il s’ennuie de sa guitare confi&eacute;e &agrave; un &laquo; pote &raquo;, lui, le passionn&eacute; de flamenco, et de son chien, un brave toutou form&eacute; &agrave; l’attaque qu’il serait le seul &agrave; pouvoir approcher sans danger et qui garde le &laquo; squat &raquo;. &lt;br /&gt;Il est totalement illettr&eacute;, mais curieux de tout, ayant des id&eacute;es sur tout. Il est parfois exasp&eacute;rant et born&eacute;, mais souvent la justesse de son jugement et sa clairvoyance me stup&eacute;fient.&amp;nbsp; Il adore aussi les potins sur les stars du &laquo; show-biz &raquo; et me fait beaucoup rire. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Michel, le &laquo; mondain &raquo;, &eacute;voque rarement sa d&eacute;rive mais parle avec amertume de l’abandon des siens. Il me montre son pied gel&eacute;, en tous points semblable &agrave; une aubergine presque noire. Sa hantise est d’avoir &agrave; subir une amputation : &laquo; il existe d’autres&amp;nbsp; solutions j’en suis s&ucirc;r ! &raquo;. &lt;br /&gt;Il a parfaitement int&eacute;gr&eacute; les noms de chaque membre de l’&eacute;quipe des b&eacute;n&eacute;voles, et me cite ceux qui sont venus dans la semaine, me donnant au passage quelques nouvelles de l’un ou de l’autre. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Paul, le &laquo; braillard &raquo;, revendique haut et fort son &eacute;tat d’alcoolique. Il a h&acirc;te de sortir, ne veut d&eacute;pendre de personne, veut vivre dans la rue. Il n’ira pas, malgr&eacute; la demande de sa fille, la rejoindre en Corse : &laquo; parce que je sais tr&egrave;s bien que je serais torch&eacute;, et que je ne veux pas imposer un grand-p&egrave;re clodo &agrave; mes petits-enfants &raquo;. Il veut qu’on le soulage et qu’on lui fiche la paix. &lt;br /&gt;Certains, me dit-il, ont voulu lui donner sa chance sans qu’il la demande, le r&eacute;ins&eacute;rer, le reloger… Il a aussi &eacute;t&eacute; en cure de &laquo; desintox &raquo;, mais il a toujours repris la route et pr&eacute;f&eacute;r&eacute; sa libert&eacute;.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Pourtant cet ex-taulard a un code de l’honneur tr&egrave;s &eacute;tabli… et tr&egrave;s personnel : il s’insurge par exemple contre l’indiff&eacute;rence du fils de son nouveau voisin de chambre, un vieillard propret qu’il a pris sous sa protection. &laquo; Tu-tu comprends &raquo;&amp;nbsp; b&eacute;gaie-t-il rageur, &laquo; il vient voir son p&egrave;re tous les jours et il lui parle pas, ce con ! Il&amp;nbsp; fait juste des mots crois&eacute;s au pied du lit! Il ne dit rien mais en douce il lui prend tout son fric : moi j’ai jamais tap&eacute; du fric &agrave; mon p&egrave;re. Si j’avais besoin de quelque chose, je volais, comme &ccedil;a je devais rien &agrave; personne…&raquo;.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Apr&egrave;s une semaine d’absence, j’ai retrouv&eacute; Michel dans un autre service, la jambe amput&eacute;e jusqu’au genou. Des spasmes de douleurs contractaient son visage. Il &eacute;tait de plus en plus morose. Quand il allait un peu mieux il projetait de trouver des fonds pour disposer d’un fauteuil &eacute;lectrique. &lt;br /&gt;Paul, lui aussi, a chang&eacute; de service. Quelqu’un lui a offert un pull bleu ciel de la couleur de ses yeux, ce qui lui donne une certaine allure. Il peste, entre autre, contre un m&eacute;decin qui lui demande tous les jours si il a bien pris sa douche : &laquo; il m’&eacute;nerve, les douches j’adore, j’en prend trois par jour, mais je vais arr&ecirc;ter compl&egrave;tement pour qu’il voit la diff&eacute;rence ! &raquo;. Il balance ses m&eacute;dicaments &agrave; la poubelle car il les trouve inefficaces. Il devient p&eacute;nible et s’&eacute;nerve contre moi : &laquo; t’es sourde ou quoi bordel ? &raquo; me dit-il quand je ne comprends rien &agrave; son charabia, de plus en plus inaudible en fonction de son degr&eacute; d’&eacute;nervement. Et moi, bien inspir&eacute;e, je lui r&eacute;ponds un jour sur le m&ecirc;me ton : &laquo; oui c’est &ccedil;a, je suis sourdingue : et alors, &ccedil;a te d&eacute;range ? &raquo;. Apr&egrave;s quelques secondes de stup&eacute;faction, il &eacute;clate de rire. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Petit &agrave; petit Michel a perdu confiance et s’est ferm&eacute;. &lt;br /&gt;Un jour, devant les ascenseurs, je l’ai trouv&eacute; en fauteuil roulant, en compagnie de visiteurs probablement membres d’une association d’entraide. Je lui ai d&eacute;couvert un accent parigot et un vocabulaire beaucoup plus imag&eacute;. Ces interf&eacute;rences entre ses diff&eacute;rents &laquo; cercles &raquo; le contrariaient visiblement et je me suis &eacute;clips&eacute;e d&egrave;s que possible. &laquo; Ah ! ma ch&egrave;re B&eacute;atrice m’a-t-il dit dans un sursaut de fiert&eacute; en retrouvant son petit rire snobinard, nous avons des conversations moins &eacute;labor&eacute;es aujourd’hui, n’est-ce pas ? &raquo;.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Quant &agrave; Paul, il s’impatiente, il sort en ville et en revient fort imbib&eacute;, ce qui lui vaut, &agrave; terme, son exclusion de l’h&ocirc;pital !&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Michel souffre de plus en plus : on lui a raccourci son moignon : &laquo;&amp;nbsp; Mon dieu, quelle fin de vie ! &raquo; me dit-il un jour, au bord des larmes. Il se laisse aller et refuse de s’alimenter. &lt;br /&gt;Lors de nos derni&egrave;res visites, il a tent&eacute; de nous parler &agrave; travers un r&acirc;le. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Un lundi, je suis arriv&eacute;e dans le service et ai demand&eacute; de ses nouvelles : &laquo; il est mort mardi dernier &raquo; m’a-t-on r&eacute;pondu, entre deux portes. &laquo; Vous savez, c’est s&ucirc;rement mieux pour lui &raquo;… Peut-&ecirc;tre… Qu’en penser ? Nous qui l’avons accompagn&eacute; comme nous avons pu durant plusieurs mois, nous nous retrouvons face &agrave; une histoire particuli&egrave;re, &agrave; l’image de ce que nous avons per&ccedil;u de lui : sans d&eacute;but ni fin… Qui &eacute;tait-il,&amp;nbsp; lui qui s’int&eacute;ressait &agrave; tant de choses ? Sa famille est-elle r&eacute;apparue ? A-t-il &eacute;t&eacute; enterr&eacute; comme un indigent ?&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;A ma plus grande joie, telle une vieille connaissance, je retrouve Paul dans la rue, assis sur des vieux cartons, voisinant avec un litron de rouge premier prix,&amp;nbsp; bien entam&eacute;, en plein centre ville. Il joue des fragments de flamenco sur sa fameuse guitare, tout en braillant des inepties &agrave; gorge d&eacute;ploy&eacute;e. Il est tout aussi &eacute;mu et ravi que moi. Il m’offre de prendre place &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, exactement comme lorsque qu’il m’invitait &agrave; m’asseoir au bout de son lit d’h&ocirc;pital, offre que je d&eacute;cline car, outre les probl&egrave;mes r&eacute;dhibitoires d’ordre olfactif, il&amp;nbsp; faudrait investir dans une autre sorte de lien qui n’est plus du ressort de l’accompagnement en palliatif... Il me semble que ce n’est plus ma place. &lt;br /&gt;Un jeune homme tr&egrave;s bien habill&eacute; s’arr&ecirc;te et serre sa main noire de crasse sans ostentation : &laquo; Alors mon pote, lui dit-il, tu me manquais, o&ugrave; &eacute;tais-tu pass&eacute; ? &raquo;. Et il ajoute cr&ucirc;ment : &laquo; Je te croyais mort de ta cirrhose et enterr&eacute; dans la fosse commune ! &raquo;.&amp;nbsp; Paul&amp;nbsp; rigole sans trop de conviction,&amp;nbsp; avale une rasade de pinard et bafouille quelque chose d’incompr&eacute;hensible. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Une fois son interlocuteur parti, je lui demande s’il s’en sort, pour ses premi&egrave;res journ&eacute;es dehors. Il me r&eacute;pond que c’est un peu dur, et moi je sors fi&egrave;rement 5 euros de mon portefeuille… Il se met alors &agrave; pleurer : &laquo; j’en veux pas &raquo;, me dit-il &laquo; t’as tout g&acirc;ch&eacute; ! &raquo;. Je me trouve stupide… Au final il&amp;nbsp; garde l’argent, mais je le sens bless&eacute; dans son orgueil. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Je m’en suis &eacute;norm&eacute;ment voulue de ma maladresse. Par ce geste, je lui avais confisqu&eacute; la valeur de nos &eacute;changes pass&eacute;s : j'avais r&eacute;tabli entre nous une barri&egrave;re &laquo; sociale &raquo; qui s’&eacute;tait pourtant en grande partie estomp&eacute;e &agrave; l’h&ocirc;pital.&amp;nbsp; J’ai brutalement pris conscience qu’avec des personnes marginalis&eacute;es, l’absence de contrepartie pour notre &eacute;coute et notre attention peut donner &agrave; ces rencontres une valeur insoup&ccedil;onn&eacute;e.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La boucle &eacute;tait boucl&eacute;e… Pendant quelque temps, Paul m’attendait parfois &agrave; la sortie du m&eacute;tro et je lui faisais un signe amical. &lt;br /&gt;Puis j’ai cess&eacute; de le voir. Il n’a pas encore repris la route et n’en n’est probablement plus capable. Je sais qu’il est dans les parages, que je le croiserai peut-&ecirc;tre encore, qu’il a choisi en grande partie sa destin&eacute;e, m&ecirc;me s’il ne peut pas se d&eacute;partir de sa d&eacute;pendance &agrave; l’alcool. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Je ne crois pas l’avoir jamais entendu se plaindre de son sort… &lt;br /&gt;…Et j’&eacute;prouve une certaine fiert&eacute; d’avoir &eacute;t&eacute; &laquo; presque son amie &raquo;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><category>T&eacute;moignages de b&eacute;n&eacute;voles</category></item><item><title>Les Abondances</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=9</link><pubDate>17-12-2009 </pubDate><description>&lt;p&gt;Un grand merci &agrave; tous les membres de l’&eacute;quipe ASP pour votre pr&eacute;sence, votre attention, chacun de nos &eacute;changes, les rencontres toujours riches et profondes…&lt;br /&gt;J’ai eu la chance de c&ocirc;toyer des personnes aussi belles que vous ; je pars enrichie.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;La vie nous donnera peut &ecirc;tre l’occasion de nous revoir, de travailler ensemble.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Je souhaite &agrave; chacun(e) de continuer &agrave; grandir aux c&ocirc;t&eacute;s des personnes malades, dans la simplicit&eacute; d’une danse o&ugrave; le b&eacute;n&eacute;vole initie le pas avec un partenaire, s’y accorde, h&eacute;site parfois, fait un pas en avant, un autre de c&ocirc;t&eacute; tourne et &eacute;volue au rythme de son cavalier. Ses pas sont feutr&eacute;s, sa saisie est solide, son temps s’ajuste &agrave; celui de son &laquo; guide &raquo;. &lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Bien cordialement,&lt;br /&gt;H&eacute;l&egrave;ne B&eacute;rard&lt;br /&gt;Psychologue au Centre de G&eacute;rontologie &lt;br /&gt;&laquo; Les Abondances &raquo;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><category>T&eacute;moignages de m&eacute;decins</category></item><item><title>Qu’en est-il de la loi L&eacute;onetti ?</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=10</link><pubDate>28-01-2010 </pubDate><description>&lt;h1 align=&quot;center&quot;&gt;Qu’en est-il de la loi L&eacute;onetti (22 Avril 2005) &lt;br /&gt;sur les droits des malades en fin de vie ?&lt;/h1&gt;
  &lt;h1 align=&quot;center&quot;&gt;&lt;br /&gt;Entretien avec Godefroy Hirsch par Damien Le Guay&lt;/h1&gt;
  &lt;p&gt;Entretien avec Godefroy Hirsch, m&eacute;decin, praticien des soins palliatifs et ancien pr&eacute;sident de la Soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) pour &eacute;voquer la loi L&eacute;onetti sur les droits des patients en fin de vie, loi datant de 2005 qui a fait l’objet d’une &eacute;valuation en 2008. Un sujet d&eacute;licat, toujours en discussion et qui m&eacute;rite une r&eacute;flexion approfondie.&lt;/p&gt;
  &lt;p&gt;Pour &eacute;couter : &lt;a href=&quot;http://www.canalacademie.com/Qu-en-est-il-de-la-loi-Leonetti-22.html&quot;&gt;http://www.canalacademie.com/Qu-en-est-il-de-la-loi-Leonetti-22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><category>T&eacute;moignages de m&eacute;decins</category></item><item><title>Quand je te demande de m'&eacute;couter</title><link>http://www.aspfondatrice.org/index.php?p=temoignage&amp;id=13</link><pubDate>28-01-2010 </pubDate><description>&lt;p align=&quot;center&quot; style=&quot;text-align: center; line-height: 150%; background: white&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Quand je te demande de m'&eacute;couter et que tu commences&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;&agrave; me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Quand je te demande de m'&eacute;couter et que tu me poses des questions,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;quand tu argumentes, quand tu tentes de m'expliquer&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agress&eacute;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Quand je te demande de m'&eacute;couter et &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;que tu t'empares de ce que je dis pour tenter de r&eacute;soudre&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;ce que tu crois &ecirc;tre mon probl&egrave;me, &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;aussi &eacute;trange que cela puisse para&icirc;tre,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;je me sens encore plus en perdition.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Quand je te demande ton &eacute;coute, &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;je te demande d'&ecirc;tre l&agrave;, au pr&eacute;sent, dans cet instant si fragile o&ugrave; je me cherche&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;dans une parole&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;parfois maladroite, inqui&eacute;tante, injuste ou chaotique. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;J'ai besoin de ton oreille, de ta tol&eacute;rance, de ta patience&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;pour &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;me dire au plus difficile comme au plus l&eacute;ger. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Oui simplement m'&eacute;couter... Sans excusation ou accusation,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;sans d&eacute;pression de ma parole.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Ecoute, &eacute;coute-moi. Tout ce que je te demande c'est de m'&eacute;couter.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Au plus proche de moi. Simplement accueillir ce que je tente de te dire,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;ce que j'essaye de me dire. Ne m'interromps pas dans mon murmure,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;n'aie pas peur de mes t&acirc;tonnements ou de mes impr&eacute;cations.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Mes contradictions comme mes accusations,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;aussi &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;injustes soient-elles, sont importantes pour moi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Par ton &eacute;coute, je tente de dire ma diff&eacute;rence,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;j'essaye de me faire entendre surtout de moi-m&ecirc;me.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;J'acc&egrave;de ainsi aune parole propre, celle dont j'ai &eacute;t&eacute; longtemps d&eacute;poss&eacute;d&eacute;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11.5pt&quot;&gt;Oh non, je n'ai pas besoin de conseils.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11.5pt&quot;&gt;Je peux agir par moi-m&ecirc;me et aussi me tromper.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Je ne suis pas impuissant, parfois d&eacute;muni, d&eacute;courag&eacute;,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;h&eacute;sitant, pas toujours impotent. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Si tu veux faire pour moi, tu contribues &agrave; ma peur,&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;tu accentues mon inad&eacute;quation et peut-&ecirc;tre renforce ma d&eacute;pendance.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Quand je me sens &eacute;cout&eacute;, je peux entrer en reliance.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Etablir des ponts, des passerelles incertaines&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 150%; font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;entre mon histoire et mes histoires.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Relier des &eacute;v&eacute;nements, des situations, des rencontres ou des &eacute;motions&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;pour en faire la trame de mes interrogations.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Pour tisser ainsi l'&eacute;coute de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Oui ton &eacute;coute est passionnante.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;S'il te pla&icirc;t, &eacute;coute et entends-moi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;Et si tu veux parler &agrave; ton tour, attends juste un instant&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;que je puisse terminer et j'&eacute;couterai &agrave; mon tour, &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; color: black; font-size: 11pt&quot;&gt;mieux, surtout si je me suis entendu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><category>T&eacute;moignages de m&eacute;decins</category></item></channel></rss>